Collection: Montagne de Reims

La région est située au nord de la Marne, entre Reims au nord et Épernay au sud, et compte 97 villages viticoles répartis sur 8 277 hectares. Dans son ensemble, le secteur consiste en un vaste plateau surmonté d'une importante couverture forestière et bordé de coteaux viticoles sur ses flancs.

Montagne de Reims

Elle peut être divisée grossièrement en 5 sous-régions :

  • Grande Montagne - au nord-est d'Épernay, dont le point le plus méridional est Tours-sur-Marne, traversé par la Marne.
  • Petite Montagne - au nord-ouest d'Épernay
  • Vallée de l'Ardre - plus au nord-ouest d'Épernay
  • Mont de Berru - au nord-est de Reims
  • Massif de Saint-Thierry - au nord-ouest de Reims — ces deux dernières zones se caractérisent par des sols de sable, de calcaire et d'argile.

C'est le royaume du pinot noir, qui y représente 41 % de l'encépagement — occupant ici la même place que dans la Côte d'Or en Bourgogne —, apportant structure, acidité et une matière veloutée noble à puissante. C'est également là que deux des dix villages Grand Cru, Bouzy et Ambonnay, rivalisent depuis toujours pour le titre de roi du cépage : « Bouzy a le nom, mais Ambonnay a la renommée », comme l'exprime à sa manière Francis Egly !

Il est en tout cas certain que Bouzy, grâce à son exposition plein sud et à un climat historiquement plus chaud, est réputée depuis toujours pour la maturité de son pinot noir et ses vins tranquilles rouges.

Deux villages de la Grande Montagne, Trépail et Villers-Marmery, font toutefois exception en se consacrant au chardonnay. La tradition veut que si le pinot requiert le soleil du sud, le chardonnay exige celui de l'est, c'est-à-dire le soleil du matin. L'exposition tout comme le sol de terre blanche y favorisent le cépage blanc ; Trépail, située un peu plus en altitude, bénéficie selon Léclapart d'un climat « toujours frais, offrant des vins plus minéraux et tendus ».

La Petite Montagne, dont le nom indique simplement une altitude plus basse, est le fief du meunier (50 %) — en distinguant toujours le meunier de montagne de celui de vallée ! Le premier gagne en structure et en profondeur, tandis que le second gagne en fruité et en volume, sous l'influence des sols sablonneux.

Le meunier a longtemps été considéré comme un cépage secondaire en raison de ses notes végétales et de son faible potentiel de garde, mais la maturité qu'il atteint ici — sublimée dès les années 2000 par Jérôme Prévost (La Closerie) à Gueux à travers des champagnes vibrants et aptes à développer une grande complexité avec l'âge — semble avoir transformé sa réputation à jamais.